Les organisations non gouvernementales environnementales (ONG) s’engagent activement contre le changement climatique, notamment par des projets comportant un volet compensation carbone. Les moyens d’atteindre la neutralité carbone sont multiples et complémentaires. Ces fondations et associations s’appuient sur les directives du Protocole de Kyoto et de l’Accord de Paris (2015). Face à l’urgence climatique, elles contribuent au financement et à la mise en œuvre de projets écologiques contre les émissions de gaz à effet de serre (GES), la déforestation massive, l’acidification des océans… Si certaines mettent en avant un lobby humanitaire, d’autres sont plus orientées vers l’écologie. Elles se proposent de faciliter les démarches de compensation carbone volontaire ou obligatoire. De quoi répondre à la fibre de chacun.

ONG compensation carbone

Compensation CO2 et Ong #1 : Entrepreneurs du monde

Entrepreneurs du Monde est une association française reconnue d’intérêt général. Créée en 1998, elle siège à Vaulx-en-Velin (69). Son but principal est l’accompagnement et l’insertion sociale et économique de personnes en situation de grande précarité, en Afrique, en Asie, en Haïti, ainsi qu’en France.

Portant bien son nom, sa philosophie est d’aider à entreprendre, à accéder à l’énergie et à s’adapter au changement climatique pour s’émanciper. En 2019, forte des fruits de ses multiples collaborations, Entrepreneurs du Monde annonce avoir accompagné 154 375 bénéficiaires (dont 85% de femmes) dans 12 pays avec 22 programmes locaux, pour cette seule année. Pour réaliser sa mission, elle crée et incube des programmes et organisations locaux jusqu’à leur autonomie complète, en s’appuyant sur quatre métiers clefs du développement

  • microfinance sociale 
  • accès à l’énergie 
  • appui à la création de très petites entreprises (TPE) et à l’insertion professionnelle 
  • aggro-entreprenariat.

Leurs projets de compensation carbone sont certifiés par le label Gold Standard. Ils sont réalisés avec deux partenaires locaux : Palmis Eneji en Haïti et Nafa Naana au Burkina-Faso. Ces entreprises sociales locales ont d’ailleurs été créées par Entrepreneurs du Monde. Elles ont mis en place une filière de distribution pour valoriser l’accès des familles aux réchauds GPL. Elles participent ainsi au développement local et à la création d’emplois pour les revendeurs du réseau. En travaillant avec des pays en voie de développement, l’ONG Entrepreneurs du Monde répond au marché de compensation volontaire des émissions de gaz à effet de serre.

Site internet : https://www.entrepreneursdumonde.org/fr/

Compensation Carbone et Ong #2 : Horizon 2050

Horizon 2050 est un regroupement de professionnels français amoureux des arbres et de la forêt. Fondée en octobre 2020, cette toute jeune association est établie à Paris. Elle confirme l’état critique de notre patrimoine forestier et relaie le signal d’alarme de l’Office National des Forêts (ONF).

Le dérèglement climatique abat son cortège de fléaux sur notre flore, notamment la migration et le développement d’espèces invasives. Parmi tant d’autres, le scolyte (insecte xylophage) fait des dégâts considérables sur les épicéas rouges. En 2020, dans la région Grand Est l’ONF estime à 3,3 millions de m3 de bois déclassés, dont 1,8 million de m3 d’épicéas. Ces parcelles nécessitent souvent des coupes franches, et bien-sûr un reboisement raisonné par des plantations nouvelles pour régénérer ce puits de carbone naturel. Pour cette raison, Horizon 2050 affiche ce parasite du bois en ennemi public N°1. Elle a pris le parti d’intervenir dans le cadre du Label bas-carbone déployé en France par le Ministère de la Transition Écologique, qui propose des projets en France. Elle s’est entourée de nombreux partenaires solides, rassemblant les compétences nécessaires à sa réussite. Elle peut se targuer de déjà proposer et concrétiser ses projets en actions. Ses premiers plans comptabilisent déjà plus d’une centaine de milliers d’arbres plantés. Cependant, la tâche semble encore longue à accomplir. En effet, Horizon 2050 estime à 20 000 ha les forêts de nos régions dévastées par cet insecte. Le potentiel de séquestration du carbone s’élève en plantation à 1,75 Mt eq. CO2 (mégatonne équivalent CO2).

Site internet : https://horizon2050.org/

Compensation Carbone et Ong #3 : GERES

Le GERES est une association française loi 1901, l’une des plus anciennes engagées pour l’écologie. Dès son origine, en 1976 à Marseille, bien avant tout Accord de Paris (2015), elle œuvre pour la transition énergétique dans de nombreux pays à travers le monde, pour limiter l’impact carbone des énergies fossiles.

Fruit d’une longue histoire, dotée d’une forte composante humanitaire, elle est présente autour du bassin méditerranéen, en Afrique de l’Ouest et en Asie. De son projet originel de rendre l’énergie solaire accessible à tous, elle a élargi son champ d’action au fil des décennies sans perdre son cap. En collaboration avec d’autres ONG comme Initiative Développement, elle développe des projets de lutte contre la pauvreté et le changement climatique. En 2004, elle crée CO2 Solidaire, la première plateforme de compensation carbone volontaire en France pour réduire les taux d’émission de GES de ses partenaires et proposer des crédits carbone. Sa ligne “solidarité climatique” engendrera un appel lors de la COP21 (2015) et la création d’une plateforme d’éco-gestes en 2017. L’un de ses projets a également donné naissance à la célèbre ONG environnementale Greenpeace !

Le GERES suit son credo, présenté dans son manifeste, dans différents projets solides, avec de nombreux partenaires. En 2019, l’ONG remporte l’Energy Globe Award Category Air, la mention spéciale du jury dans la catégorie “énergie” du concours Terra Award Sahel, le prix dans la catégorie Bas Carbone des “Green Solution Awards”, et une distinction par l’Association Nationale des Femmes. Même si son programme CO2 Solidaire est actuellement suspendu, le GERES reste un acteur français très important de la compensation carbone.

Site internet : https://www.geres.eu/

Compensation des GES et Ong #4 : Projets Solidaires

Projets Solidaires est une association française créée en 2010 sous l’impulsion de Christian Cabrit à Mérignac (33). Cette organisation non gouvernementale a pour objectif fondateur de développer la solidarité internationale par l’accompagnement de projets et d’actions de développement durable. Leurs projets contribuent à relever les défis de la précarité énergétique et à lutter contre les changements climatiques dans les pays en voie de développement.  S’appuyant sur la demande de ses partenaires africains “aidez-nous à nous passer de l’aide”, Projets Solidaires a mis en place une approche des projets de développement pour conduire à la pérennité les activités au-delà de ces projets. Les partenaires locaux pourront ainsi accéder à l’autonomie et trouveront leur place dans la lutte contre le réchauffement climatique de 2050.

Projets Solidaires intervient dans trois domaines. Premièrement, les foyers améliorés pour la cuisine, qui permettent de réduire la consommation de bois et de charbon de bois, d’améliorer la santé des femmes par la forte réduction des fumées toxiques, et de réduire le budget énergie des familles. Ensuite les biocombustibles fabriqués à partir de déchets végétaux recyclés sous forme de tourteaux remplacent le bois et le charbon de bois. Et enfin, les kits solaires pour l’utilisation domestique. Ils améliorent la réalisation des activités nocturnes et la recharge des supports digitaux, facilitant ainsi les études des enfants et l’accès à la connaissance. Son objectif final est de vendre les économies d’émissions de GES générées par les projets au sud auprès d’acteurs du nord (entreprises, collectivités, particuliers), pour financer ces projets au sud et leur donner plus d’ampleur.

Site internet : https://www.projets-solidaires.org/

Compensation Co2 et Ong #5 : Graine de vie

Graine de vie est une ASBL (association sans but lucratif) située en Belgique et au Luxembourg. Depuis 2009, elle crée et finance des projets de reforestation à Madagascar, au Bénin, au Togo et au Cameroun. Son objectif ? Planter des arbres dans les pays en voie de développement où le déboisement est considérable pour compenser l’empreinte carbone des français et autres pays industrialisés. Les arbres sont des puits de carbone naturels, ils captent le dioxyde de carbone (CO2) de l’atmosphère et, par photosynthèse, rejettent de l’oxygène. Le reboisement est secondé par la création de pépinière sur chaque site de plantation et par la formation d’acteurs locaux à la gestion. 

En s’appuyant sur les autorités locales et le système scolaire, Graine de Vie a mis en place des programmes de sensibilisation de la population à la protection de l’environnement. Le niveau de vie global de la population locale s’améliore grâce à la production fruitière des arbres de rente plantés, ainsi qu’aux bois de construction offerts par la sylviculture raisonnée, sans oublier les salaires.

Les membres européens de Graine de Vie sont tous bénévoles : les fonds récoltés sont entièrement consacrés aux plantations, à la formation et à la rémunération des pépiniéristes locaux. Près de 30 millions d’arbres provenant de plus de 130 espèces différentes ont été plantés, permettant de compenser jusqu’à 150 000 tonnes d’émissions de CO2 par an. Ce projet à la fois environnemental, humain et économique favorise également la protection de la biodiversité endémique et la réintroduction d’espèces en voie de disparition dans les forêts.

Site internet : https://www.grainedevie.net/

Compensation Carbone et Ong #6 : Klik

Cette fondation suisse installée à Zurich a vu le jour en 2012. Pour reprendre ses propres mots, Klik se voue à la protection du climat et à la compensation des émissions de gaz à effet de serre des pays les plus industrialisés. Elle aide notamment les sociétés pétrolières responsables de la mise à la consommation des carburants fossiles à appliquer la législation internationale en vigueur. Avec la mise en œuvre du Protocole de Kyoto, elles ont en effet l’obligation de compenser les émissions de GES résultant de l’utilisation de ces carburants polluants.

L’implication de Klik dans sa mission est impressionnante et presque exhaustive. Ses activités en Suisse sont considérables dans de nombreux domaines tels que les transports, l’industrie, le bâtiment ou l’agriculture. Ne manquant pas de ressources, elle traque le gaspillage en cherchant à économiser le moindre gramme de carbone et à capter ou compenser les émissions irréductibles. Surprenante parfois, comme pour son programme d’optimisation de la pression des pneus, sa présentation de résultats valide avec force chacun de ces choix multiples et hétéroclites. Son activité internationale est aussi très intéressante. Très concernée par l’Accord de Paris, Klik devrait compenser 35 millions de tonnes de CO₂ entre 2021 et 2030, d’après la projection de la loi suisse sur le CO₂. En attente des dispositions concernant la reconnaissance des réductions d’émissions mondiales de cette même loi, elle prépare ses activités internationales provisoirement. À elle seule, elle affiche aujourd’hui quelques dix millions de tonnes de CO₂ au décompte de la compensation carbone.

Site internet : https://www.klik.ch/fr

Compensation Carbone et Ong #7 : Fondation Prince Albert II de Monaco

La Principauté de Monaco s’inscrit depuis longtemps comme porte-étendard de la préservation de l’environnement. Depuis les “années Cousteau”, Monaco a su poursuivre ses ambitions écologiques au travers de projets de protection de la nature, avec succès. En 2006, le Prince Albert II de Monaco crée la fondation monégasque d’envergure internationale qui porte son nom. Dès 2008, la fondation organise la compensation carbone du programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE). Nommé ”Monaco Carbon Offsetting”, le projet s’aligne sur le Bilan Carbone, en conformité avec les normes de l’ADEME (Agence Française de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie). 

Suivant le désir du Prince Albert II d’un Etat vertueux et d’émuler par l’exemplarité, ses actions ont mis la principauté en tête de la course à la compensation carbone. Malheureusement ou non, ses autres activités bien plus médiatisées auraient tendance à occulter cette facette de la fondation. Pourtant, par exemple, encore sous impulsion princière, la SMEG (Société monégasque d’électricité et du gaz) propose à son tour un programme eco-CO2. Cette compensation volontaire est accessible à toutes les entités (entreprises, ONG, particuliers…). La SMEG met en avant qu’il est tout à fait possible de compenser soi-même sur sa propre facture de gaz ! Et donc de participer à l’échelle individuelle comme collective à l’effort commun de réduction des émissions GES. Monaco dispose tout de même d’un avantage de taille sur les autres Etats industrialisés : il est difficile aujourd’hui, dans la cité monégasque, de trouver quelque chose que l’on ne puisse compenser. Certainement moins connues que les ONG internationales les plus célèbres (WWF, Greenpeace…), ces sept organisations non gouvernementales ne sont pas moins mobilisées pour lutter contre le changement climatique. Elles attestent de la capacité humaine à s’engager dans l’effort commun et à dépasser ses frontières. A défaut d’annuler l’effet de serre et d’éviter l’augmentation de la température terrestre moyenne, la réduction des émissions de gaz à effet de serre par la compensation carbone pourra au moins ralentir le processus. Elle permettra également d’amplifier la sensibilisation de la population mondiale aux effets délétères de nos modes de vie actuels.

Site internet : http://www.fpa2.org/

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