Compensation carbone : définition

Aujourd’hui, ce n’est plus un secret : les activités humaines ont un impact néfaste sur le climat et la planète. Le changement climatique dû à l’émission exponentielle de gaz à effet de serre et à la déforestation massive ne peut plus être ignoré mais chacun peut agir pour réduire son empreinte carbone. Les entreprises engagées pour la préservation de l’environnement se tournent vers la compensation carbone, un geste éco responsable accessible à tous.

Table des matières

Qu'est-ce que la compensation carbone ?

En 2015, l’Accord de Paris, signé par 195 pays à la fin de la COP21, déterminait un ensemble de directives pour lutter contre le réchauffement climatique et réduire les émissions de gaz à effet de serre. De la division par quatre de nos émissions GES initialement prévue d’ici 2050, de nombreux pays ont revu leurs ambitions à la baisse et se sont engagés à la “neutralité carbone”, c’est-à-dire atteindre un équilibre entre les émissions de carbone et l’absorption du CO2 de l’atmosphère par des puits de carbone, peu importe leur localisation sur Terre. En clair, la compensation carbone consiste à mener des actions et des projets permettant de compenser les émissions de GES selon deux systèmes : le marché de conformité et le marché de compensation volontaire, dans le cadre d'une politique RSE.

Le marché de conformité du protocole de Kyoto

Signé le 11 décembre 1997 durant la COP3 et entré en vigueur le 16 février 2005, le Protocole de Kyoto est un accord international mis en oeuvre par l’ONU pour réduire les émissions GES. À son terme, un marché de conformité a été établi, proposant aux Etats signataires deux mécanismes de compensation carbone de leurs émissions excédentaires en finançant des projets écologiques hors de leurs frontières : le Mécanisme de Développement Propre (MDP) avec des projets menés dans les pays en voie de développement, et la Mise en Oeuvre Conjointe (MOC) avec des projets de séquestration carbone conduits dans les pays signataires. En investissant dans ces projets de réduction des émissions de CO2, les Etats et les grandes entreprises obtiennent des “crédits carbone” certifiés par les Nations Unies, qu’ils peuvent échanger pour poursuivre leurs activités en atteignant la fameuse neutralité carbone.

La compensation carbone volontaire vs. crédits carbone

Parce que chacun est concerné par la lutte contre les changements climatiques annoncés, un marché de compensation volontaire s’est développé pour permettre aux PME, organisations non gouvernementales (ONG), collectivités locales et particuliers de participer à l’objectif de neutralité carbone et réduire leur empreinte écologique en acquérant des crédits carbone échangeables. Ces crédits n'étant pas éligibles à une certification de l’ONU, des certifications de compensation volontaire sont délivrées par des labels de manière à se diriger vers une unicité de l’impact environnemental des projets visant à la neutralité carbone, et garantir la compensation réalisée. Un crédit carbone correspond à une tonne de dioxyde de carbone et son prix unitaire varie dans le temps et selon les pays (voire même selon les régions ou provinces, notamment au Canada). A titre informatif, un crédit carbone coûtait en 2019 entre 20 et 25€ sur le marché de conformité européen et de 0,5 à 50$ sur le marché volontaire international.

Comment compenser son carbone ?

Réduire son empreinte carbone : obligations & démarches

Dans le but de réduire la pollution et les émissions de gaz à effet de serre produites par leurs activités, les entreprises françaises comptant plus de 500 salariés en métropole et 250 en Outre-Mer doivent réaliser un bilan carbone obligatoirement renouvelable tous les trois ans pour : déterminer leur empreinte écologique, réduire leur impact environnemental autant que possible, mettre en place des projets de compensation des émissions carbone, atteindre la neutralité carbone attendue. Ce plan d’action est également vivement recommandé pour les PME, ONG et particuliers afin de lutter contre le changement climatique tous ensemble car il ne faut pas oublier qu’il est l’affaire de tous.

Calcul de la compensation carbone et des GES

Pouvant être réalisé en interne ou par un prestataire extérieur, le bilan d’émission de gaz à effet de serre (BEGES) d’une entreprise consiste en une collecte de données spécifique des émissions liées à chaque secteur d’activité, puis à un calcul des émissions pour évaluer le bilan carbone : il permet de connaître l’impact réel de l'activité de l’entreprise et de mettre en place des projets de compensation carbone et d’acheter des crédits carbone pour équilibrer. Pour les grandes entreprises, une méthodologie réglementaire doit être appliquée et le bilan publié. Pour le marché volontaire la même procédure est recommandée par l’ADEME (Agence De l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie).

Compensation carbone : définition

Réduire les émissions gazs à effet de serre

Avant de songer à compenser, il est primordial de commencer par une réduction de l’empreinte carbone. Avec quelques gestes simples et bénéfiques pour l’environnement, on peut réduire la consommation d’énergie de l’entreprise et particulièrement l’emploi d’énergies fossiles : sensibiliser tous ses collaborateurs, remplacer un voyage en avion par un voyage en train, remplacer un système de chauffage énergivore dans les locaux professionnels par un système écologique à haute efficacité énergétique, opter pour l’énergie renouvelable, réduire les déchets plastiques...

Compenser les émissions de CO2 non réductibles

Pour aller plus loin dans l’action environnementale, financer un projet écologique ou à portée humanitaire permet de compenser un bilan carbone négatif, notamment investir dans les énergies renouvelables (éoliennes, panneaux solaires...) ou encore la plantation d’arbres dans un projet de reforestation / reboisement d’une zone pour recréer un puits de séquestration du carbone... Il existe de nombreuses solutions de compensation carbone, écologiques et éco-responsables possibles pour compenser son empreinte carbone mais pour qu’il permette d’obtenir des crédits carbone et qu’il soit efficace, le projet retenu doit : pouvoir évaluer l’émission de GES évitée, n’être réalisable que grâce au financement de projets (projet additionnel), vérifier la quantité de CO2 capturée ou évitée (aspect utile et bénéfique), garantir la délivrance de crédits carbone uniformisés (1 crédit carbone = 1t CO2).

Compensation carbone : définition
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